Le 28 mai dernier avait lieu la journée scientifique annuelle du CRBLM — le Centre for Research on Brain, Language and Music — à l’Université de Montréal. Fondé en 2002, le CRBLM est un regroupement stratégique interdisciplinaire qui s’intéresse au langage, à la musique, à leur intersection et à leurs fondements neurobiologiques. Le CRBLM rassemble 99 membres réguliers provenant de 9 institutions universitaires québécoises et une institution collégiale, ainsi qu’environ 500 membres étudiants. La journée scientifique incluait des présentations par affiches ainsi qu’une conférence d’honneur offerte cette année par le chercheur Pascal Bélin du CNRS et de l’Université Aix-Marseille, portant sur les bases neurobiologiques du contrôle de la voix chez l’humain et les primates.

Cette année, la délégation du labo était nombreuse : quatre étudiants — Alexandre, Amélie, Maélie et Marc-André — ainsi que Pascale, la directrice du labo ! Alexandre, Amélie, Maélie et Marc-André ont chacun présenté les résultats de leurs projets au moyen d’affiches scientifiques.

L’affiche d’Alexandre

Alexandre, doctorant en sciences de la réadaptation, a présenté ses analyses de la matière blanche du réseau de l’attention (Figure 2), des analyses qui formeront la 3e publication de sa thèse! Alexandre cherche à déterminer si la pratique musicale amateure affecte l’organisation du cerveau. Il a présenté ses premières analyses de la connectivité structurelle mesurée par IRM de diffusion, à l’intérieur du réseau cérébral qui contrôle l’attention, en comparant des chanteurs, des instrumentistes et un groupe contrôle sans pratique musicale. Ces analyses ont été effectuées en collaboration avec Maxime Descoteaux, chercheur à l’Université de Sherbrooke et spécialiste de la matière blanche. Cette étude s’inscrit dans notre projet de grande envergure, PICCOLO.

Figure 2. Affiche présentée par Alexandre

L’affiche d’Amélie

Amélie, étudiante à la maîtrise en sciences de la réadaptation, a présenté les résultats de son projet, qui porte sur les effets du chant sur la voix et les aires du cerveau qui contrôlent la voix (Figure 3). Son projet combine des analyses acoustiques de la voix et des analyses de la structure du cerveau mesurée par IRM. Les résultats d’Amélie montrent que certaines caractéristiques de la voix sont améliorées chez les personnes qui chantent, notamment des mesures acoustiques liées à la stabilité et à la clarté de la voix (le shimmer et le HNR), et que certaines de ces différences sont associées à la structure de régions cérébrales comme l’insula et le sillon postcentral. Amélie a également participé, le lendemain, à la Journée printanière de la Voix, une journée scientifique et clinique annuelle, où elle a présenté ses travaux sous forme de communication orale. Toute une semaine !

Figure 3. L'affiche présentée par Amélie

L’affiche de Maélie

Maélie, étudiante à la maîtrise en sciences de la réadaptation, a présenté les premiers résultats de notre étude longitudinale MELODIC. L’objectif de ce projet est de mieux comprendre comment certaines activités de loisir peuvent induire des changements dans la structure et le fonctionnement du cerveau adulte, et favoriser un vieillissement en santé en soutenant le langage et les fonctions cognitives. Dans le cadre du projet, nous comparons les impacts d’une activité de groupe musicale à ceux d’une activité de groupe non musicale, chacune pratiquée pendant 15 semaines. Pour sa maîtrise, Maélie s’intéresse à l’impact de ces activités sur la perception de la parole dans le bruit et ses mécanismes sous-jacents, mesurés par IRM. Elle a présenté les résultats de la première cohorte (38 personnes, réparties en trois groupes) — des résultats prometteurs qui ouvrent la voie à la suite de l’étude (Figure 4) !

Figure 4. L'affiche présentée par Maélie

L’affiche de Marc-André

Marc-André, doctorant en sciences de la réadaptation, a présenté pour la première fois les résultats de la première étude de sa thèse, menée en collaboration avec Edith Durand de l’Université du Québec à Trois-Rivières, sur les effets du vieillissement sur la perception et la production de la parole audiovisuelle. Les résultats des analyses effectuées par Marc-André montrent que l’ajout de la modalité visuelle facilite la perception et la production de la parole dans certaines circonstances (Figure 5) — un effet bien documenté chez les personnes jeunes. Lorsque le niveau de difficulté devient trop élevé, cet effet tend toutefois à disparaître. Un article est en cours de rédaction et devrait être soumis pour publication en juin.

Figure 5. L'affiche présentée par Marc-André

Conclusion

Bravo à tous les quatre pour leur travail acharné, leurs magnifiques affiches et leur participation à cette journée riche en découvertes et en discussion !

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