Formation des neuropsychologues

Les neuropsychologues sont des psychologues, mais spécialisés en neuropsychologie. Tout comme les psychologues, les neuropsychologues doivent compléter un baccalauréat, puis un doctorat en psychologie. Toutefois, bien qu’une première partie soit commune, leurs formations se séparent ensuite entre la spécialisation en psychologie, donnant droit à la pratique de la psychothérapie auprès de l’Ordre des psychologues du Québec (OPQ) et la neuropsychologie, donnant accès à l’attestation d’évaluation des troubles neuropsychologiques par l’OPQ. Il est toutefois possible, en suivant des formations supplémentaires, d’avoir les deux attestations (neuropsychologue et psychothérapeute). Les neuropsychologues ont également accès à du soutien et de la formation continue via l’Association québécoise des neuropsychologues (AQNP), fondée en 2012.

Au laboratoire, Sarah-Ève termine actuellement sa 2e année de doctorat en neuropsychologie sous la co-supervision de la directrice du Laboratoire, Pascale Tremblay, et de Carol Hudon, professeur à l’École de psychologie de l’Université Laval et neuropsychologue. Il est également possible, pour une personne souhaitant s’orienter vers un emploi en recherche, de compléter une maîtrise avec mémoire en psychologie (M.A. ès art), avec une concentration en neuropsychologie. Contrairement au doctorat, cette maîtrise ne donne pas accès au titre de neuropsychologue, mais elle permet de réaliser des évaluations neuropsychologiques sans visée clinique ou diagnostique. C’est le cas de Mélissa, la professionnelle de recherche du laboratoire, qui partage son temps entre la gestion du laboratoire et l’évaluation neuropsychologique de participants dans le cadre de projets du labo et de recherches pharmacologiques chez Alpha Recherche Clinique.

Pour en donner une définition simple, nous pourrions dire que la neuropsychologie est une branche de la psychologie qui étudie les processus cognitifs cérébraux sous-jacents aux pensées, émotions et comportements humains, ainsi que l’influence de ces processus dans le fonctionnement quotidien de la personne. Parmi ces processus, on retrouve la vitesse de traitement de l’information, l’attention (vigilance, attention sélective et soutenue), la mémoire (de travail, épisodique verbale et visuelle, sémantique ou de source), le langage (p. ex., la compréhension, la capacité à nommer des images, etc.), la perception visuelle, les gnosies (capacité à reconnaître et interpréter des informations sensorielles comme des objets, des formes, des sons, des visages via la vue, le toucher, l’ouïe, l’odorat ou le goût), les habiletés visuospatiales, les fonctions exécutives (organisation/planification, inhibition, flexibilité mentale, contrôle émotionnel, etc.) et les praxies (gestes simples ou symboliques, utilisations d’objets, assemblage/dessin et mouvements du visage). La figure 1 illustre chacune de ces fonctions, les principales régions cérébrales impliquées ainsi que des exemples concrets de ce que chaque fonction représente au quotidien. Il est toutefois important de souligner qu’il n’existe pas « une » région unique sous-tendant une fonction cognitive précise, telle que la mémoire ou l’attention. Les fonctions cognitives sont plutôt le résultat de l’activité de réseaux impliquant de nombreuses régions cérébrales, et ces réseaux peuvent varier légèrement d’une personne à l’autre selon divers facteurs tels que la latéralité manuelle, l’âge, l’expérience de vie, la culture, etc. Ainsi, deux personnes ayant une lésion cérébrale au même endroit n’auront pas nécessairement les mêmes conséquences au niveau comportemental et fonctionnel.

En quoi se distingue la neuropsychologie des disciplines connexes et quel est le rôle des neuropsychologues

Les connaissances des neuropsychologues sont variées et touchent à la psychologie, à la psychométrie (voir encadré A), à la cognition et ses troubles, à la neuroanatomie, aux troubles neurologiques, et aux neurosciences, pour ne nommer que celles-ci. Bien que la neuropsychologie partage certains aspects communs avec la psychologie, la neurologie, l’orthophonie et l’ergothérapie, il existe des différences notables entre chacune de ces professions.

Encadré A. Qu’est-ce que la psychométrie?
La psychométrie est le fait de concevoir des questionnaires, des échelles ou des tests à l’aide de méthodes statistiques afin de les standardiser et d’augmenter leur fiabilité. Lorsque les neuropsychologues corrigent et analysent les tests cognitifs, ils utilisent des normes statistiques. Cela signifie que ces tests utilisés ont été administrés à un grand nombre de personnes représentant la population visée par le test (p. ex. À des hommes et des femmes âgés entre 50-90 ans, ayant complété entre 3 et 23 ans de scolarité) et que pour chacun de ces tests, des analyses statistiques ont permis de déterminer quel score correspond au score moyen attendu pour chaque personne en tenant compte de son sexe, son âge et sa scolarité. En comparant le score d’un client ou d’une cliente à ces normes, les neuropsychologues peuvent, via des calculs statistiques, savoir si sa performance est inférieure à la moyenne, dans la moyenne, ou supérieure à la moyenne des gens de même âge, sexe et scolarité. C’est ainsi qu’ils peuvent détecter la présence de difficultés cognitives et déterminer le quotient intellectuel d’une personne, tel qu’illustré à la Figure 2.

Figure 1. Carte neuropsychologique du cerveau. Image adaptée du site www.psychologie-santé.tn par Roxane Parent et Shani-Li Madore.
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Figure 2. Répartition statistique de la population selon le quotient intellectuel. Figure adaptée du journal Le Parisien, édition du 26 mai 2018.

Il est important de savoir que le quotient intellectuel (QI) n’équivaut pas à l’intelligence d’une personne, n’en mesurant qu’une petite partie. En effet, le QI est un score quantifiable et standardisé qui évalue la performance d’une personne à un moment précis dans le temps et compare cette performance à une moyenne de 100. Il se limite à certaines capacités cognitives, principalement logico-mathématiques et verbales, et il est surtout utilisé pour estimer le potentiel scolaire ou professionnel d’une personne. À l’inverse, l’intelligence représente plutôt la capacité globale d’apprendre, de résoudre des problèmes et de s’adapter à des situations nouvelles. En 1983, le psychologue Howard Gardner a proposé la théorie des intelligences multiples, qui valorise la diversité des aptitudes humaines et qui soutient qu’une personne peut être très intelligente dans un domaine sans nécessairement avoir un QI élevé. Selon cette théorie, il existerait neuf types d’intelligences distincts : logico-mathématique (capacité à résoudre des problèmes logiques et mathématiques); verbo-linguistique (aisance avec les mots et le langage); spatiale (capacité à visualiser et se représenter le monde en 3 dimensions); corporelle-kinesthésique (utilisation du corps pour exprimer des idées ou créer); musicale-rythmique (sensibilité aux rythmes et aux sons); interpersonnelle (capacité à comprendre et interagir avec autrui (empathie, sociabilité); intrapersonnelle (capacité à se comprendre soi-même (introspection); naturaliste (aptitude à classer et comprendre l’environnement et le vivant) et existentielle/spirituelle (capacité à questionner le sens de la vie). 

Les psychologues se concentrent sur la compréhension des émotions et des croyances à la base du comportement pour évaluer le fonctionnement affectif et intervenir par la psychothérapie auprès de personnes ayant ou non un trouble de santé mentale (p. ex., une dépression, un stress post-traumatique, un trouble de la personnalité). Quant à eux, les neuropsychologues évaluent le fonctionnement cognitif de personnes ayant des conditions innées (p. ex., déficience intellectuelle, autisme, etc.) ou acquises (p. ex., accident vasculaire cérébral, traumatisme crânien, maladies neurodégénératives). Ils et elles interviennent auprès de la personne et de ses proches afin de déterminer le potentiel fonctionnel de la personne (orientation scolaire, signaler les risques possibles de la conduite automobile à la Société Assurance Automobile du Québec (SAAQ), aptitude à consentir aux soins ou à gérer ses biens, aptitude à comprendre les conséquences de ses gestes dans un contexte psycholégal, etc.). Des interventions adaptées sont par la suite proposées (p. ex., psychoéducation, recommandations aux proches/professeurs et professeures/personnel soignant, remédiation cognitive, etc.) et un suivi de la personne est effectué afin d’évaluer la progression de sa condition dans le temps (p. ex., à la suite d’un accident vasculaire cérébral ou un traumatisme crânien) ou encore évaluer l’effet d’une intervention cognitive ou pharmacologique.

Il est aussi possible pour les neuropsychologues, s’ils sont également formés en psychothérapie, de débuter un suivi psychologique à la suite d’une évaluation neuropsychologique. Toutefois, une fois le suivi en psychothérapie débuté, il est préférable, mais pas obligatoire, que la personne soit recommandée à un ou une collègue en cas de future évaluation neuropsychologique, et ce, afin d’en garantir l’objectivité maximale. En effet, le double rôle que tiendrait le ou la neuropsychologue dans cette situation soulèverait certains enjeux sur le plan déontologique tels que le conflit de rôle (soutien et alliance thérapeutique en psychothérapie versus objectivité et diagnostic en neuropsychologie) et la perte d’objectivité (le suivi en thérapie pourrait créer un attachement émotionnel pour les deux parties impliquées et biaiser les résultats ainsi que leurs interprétations). Dans le cas où le ou la neuropsychologue choisirait d’assumer les deux rôles, il ou elle devrait être en mesure de justifier que cela ne nuira pas à la qualité de l’évaluation cognitive.

Quant aux neurologues, ce sont des médecins spécialistes qui effectuent l’évaluation, le suivi et le traitement des maladies du système nerveux. Contrairement aux neuropsychologues, les neurologues sont formés dans l’analyse des résultats de tests d’imagerie cérébrale (p. ex. la tomographie par émission de positrons, la résonance magnétique), de bilans sanguins et génétiques, et peuvent prescrire des médicaments. De plus, les neurologues ne sont formés que pour effectuer un dépistage cognitif général et non une évaluation cognitive complète et approfondie des processus cognitifs.

 Par ailleurs, bien que les neuropsychologues évaluent les capacités langagières, ils et elles se distinguent des orthophonistes, qui réalisent une évaluation plus poussée au niveau du langage, en plus d’évaluer la parole, la voix, la résonance et la déglutition. Enfin, les neuropsychologues se différencient des ergothérapeutes qui se concentrent sur l’évaluation fonctionnelle d’une personne en tenant compte du profil physique et cognitif établi par d’autres professionnels, afin d’adapter son milieu de vie et de l’aider à développer des stratégies pour être plus fonctionnelle dans son milieu (maison, travail, etc.). Le tableau 1 illustre, via un cas clinique fictif d’une personne ayant la sclérose en plaques, le rôle de chacun et chacune des professionnels et professionnelles. La figure 3donne un exemple d’une rencontre multidisciplinaire.

Professionnel ou professionnelle

Rôle

Neurologue

En se basant sur les résultats d’examens physique, sanguin, neurologique et d’imagerie, pose le diagnostic de sclérose en plaques, débute un traitement et fait régulièrement des suivis afin de documenter l’évolution et adapter le traitement.

Neuropsychologue

À la suite du diagnostic et selon les symptômes, évalue le fonctionnement cognitif afin de déterminer si la personne est actuellement apte à travailler et/ou à conduire. Puisque la maladie évolue, dois faire des suivis pour déterminer l’évolution cognitive de la personne.

Orthophoniste

Selon les symptômes, peut évaluer certains troubles de la parole (p. ex. dysarthrie), ou de déglutition (dysphagie).

Ergothérapeute

Adapte l’environnement de la personne au fil de la maladie (barres d’appui au bain, canne, marchette). Peut réaliser une évaluation fonctionnelle de la conduite automobile pour la SAAQ si le bilan de l’évaluation neuropsychologique soulève des doutes.

Psychologue

Suivi des deuils présents et à venir (annonce du diagnostic, arrêt de travail, perte du permis de conduite, impact sur le couple… etc.)

Figure 3. Réunion multidisciplinaire afin de discuter de cas cliniques. Image créée sur Chapt GPT Comment se déroule une évaluation en neuropsychologie?

Comment se déroule une évaluation en neuropsychologie?

Tout d’abord, une demande de consultation est transmise au ou à la neuropsychologue par un ou une médecin (secteur public) ou est effectuée par la personne elle-même (clinique privée). Le nombre de rencontres varie selon le motif de consultation, l’âge et la fatigabilité de la personne évaluée. De façon générale, le processus débute par une entrevue d’anamnèse auprès de la personne afin de connaître ses antécédents médicaux (physiques, psychologiques et familiaux), ainsi que ses habitudes de vie (p. ex., alcool, drogues, médication) et son état psychologique, et ce, de la période in utero jusqu’au moment présent. Dans certains cas (enfants, aînés avec troubles cognitifs, etc.), une personne proche est également présente et pourra contribuer à l’anamnèse. Lors de cette rencontre, le ou la neuropsychologue clarifie le mandat de l’évaluation (par exemple l’évaluation du quotient intellectuel, investiguer la présence d’un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité ou TDAH, évaluer l’aptitude à conduire, etc.).

Par la suite, il ou elle réalise une ou plusieurs rencontres d’évaluation durant lesquelles des tests neuropsychologiques sont administrés afin de faire une évaluation complète du fonctionnement cognitif actuel de la personne (voir figure 4). Plus précisément, des tests psychométriques standardisés et validés sont utilisés afin d’évaluer les capacités attentionnelles, mnésiques, langagières, perceptuelles et visuospatiales, les praxies et les fonctions exécutives (se référer à la figure 1 plus haut pour la description complète de ces fonctions). La plupart des tests utilisés sont sous format papier crayon, quoique de plus en plus de neuropsychologues utilisent des versions électroniques, qui permettent d’économiser du temps en calculant automatiquement les scores et en les comparant aux normes. Pendant l’évaluation, le ou la neuropsychologue s’assure de minimiser toute source de distraction potentielle (fermer la sonnerie du cellulaire, refuser la présence d’une personne proche, installer la personne dos à la fenêtre) afin de ne pas invalider les résultats de l’évaluation. Des pauses sont prises au besoin, selon la fatigabilité de la personne. Tout au long de l’évaluation, le ou la neuropsychologue porte attention aux gestes et aux paroles de la personne, afin de repérer de possibles signes cliniques qui ne sont pas nécessairement évalués par les tests (p. ex. tics verbaux et moteurs, regard fuyant, agitation, niveau d’alerte, manque du mot, etc.).

Figure 4. Réalisation d’une évaluation neuropsychologique au laboratoire par Mélissa avec un participant.

Une fois l’évaluation complétée, les résultats sont d’abord analysés de manière quantitative à l’aide de normes standardisées. Cela signifie que chacun des résultats obtenus par la personne est comparé statistiquement au résultat moyen attendu tenu compte de son âge, son sexe et son niveau de scolarité. Par exemple, cela permet de voir si la personne a un fonctionnement attendu, inférieur ou supérieur à la moyenne dans chacun des domaines cognitifs. Il est crucial de tenir compte de ces caractéristiques, puisqu’elles influencent la performance. Par exemple, il est démontré que la vitesse (motrice et de traitement de l’information) diminue avec l’âge. Si l’on ne tient pas compte de cette variable et que l’on compare le résultat d’une personne de 80 ans à celui d’une âgée de 20 ans, la première obtiendra un score faussement déficitaire, alors qu’elle est dans la moyenne en termes de vitesse chez des octogénaires. Par la suite, tous les tests sont analysés une seconde fois de manière qualitative. Plus précisément, le ou la neuropsychologue va analyser la façon dont la personne a procédé pour réaliser les tests, le type d’erreurs commises, la capacité à se corriger, la présence d’impulsivité, etc. Cette deuxième analyse est cruciale, car deux personnes peuvent échouer à un même test pour des raisons complètement différentes. En effet, une personne pourrait échouer à un test de mémoire verbale en raison d’un trouble langagier sans avoir de réelles difficultés mnésiques. C’est pourquoi chaque performance déficitaire doit être analysée dans un contexte global et non pas être interprétée en fonction d’un score unique.

Le ou la neuropsychologue tient également compte de certains facteurs pouvant avoir influencé la performance aux tests (p. ex. anxiété, dépression, ménopause, médication, etc.) et prête attention aux indices physiques typiques de certaines maladies (p. ex. la micro-écriture, la rigidité et la marche à petits pas peuvent évoquer un début de Parkinson). Cette double analyse permettra d’établir un diagnostic différentiel quant à l’origine des déficits et de formuler des recommandations pour le suivi de la personne. Une dernière rencontre sera réalisée avec la personne afin d’effectuer un bilan de l’évaluation. Durant le bilan, les résultats sont expliqués à la personne selon son niveau de compréhension et des recommandations ou stratégies lui sont proposées. Enfin, le ou la neuropsychologue rédigera un rapport plus ou moins détaillé selon la situation (p. ex. rapport sommaire pour un suivi, mais très détaillé dans un cas d’évaluation psycholégale) et le remettra à la personne (au privé) ou au professionnel ou à la professionnelle de la santé à l’origine de la référence (public).

Dans certains cas, et c’est de plus en plus fréquent, le ou la neuropsychologue ne se limite pas à évaluer la personne, mais intervient aussi auprès d’elle et/ou de ses proches et intervenants et intervenantes. Cela peut se manifester de plusieurs façons, allant de la psychoéducation, de l’enseignement, de moyens d’adaptation ou de compensation au quotidien, en passant par la remédiation cognitive ou la psychothérapie (si le ou la neuropsychologue en question est également formé ou formée en psychothérapie). Une description de ces types d’interventions est résumée dans le tableau 2.

Intervention

Définition

Exemple

Psychoéducation

Expliquer le diagnostic à la personne, ses causes, ses conséquences, l’évolution attendue.

Expliquer les différents types de sclérose en plaques, les symptômes et l’évolution attendus

Compensation

Utiliser les forces de la personne ou des outils afin de limiter l’effet des symptômes et des pertes.

Utilisation d’un cahier de notes pour pallier les difficultés de mémoire. Apprendre à utiliser sa main gauche si la droite n’est plus fonctionnelle.

Adaptation

Modifier l’environnement de la personne ou les façons de faire habituelle afin de diminuer la situation de handicap et maintenir le niveau de fonctionnement antérieur de la personne dans les différentes sphères de sa vie.

En raison de la fatigue liée à la maladie, la personne pourrait bénéficier d’un horaire de travail allégé, ou encore d’un environnement adapté (p. ex., barres d’appui).

Remédiation cognitive

En individuel ou en petits groupes, enseigner des stratégies cognitives à la personne en utilisant les fonctions cognitives préservées pour pallier les difficultés liées au dysfonctionnement d’autres fonctions cognitives.

Utiliser une stratégie visuospatiale pour pallier les difficultés de mémoire. Par exemple, si la personne doit se souvenir d’acheter du lait et de poster une lettre, elle pourrait prendre le temps de visualiser une enveloppe géante remplie de lait qui coule partout. Cette image, qui combine les deux actions à effectuer, augmentera les chances de s’en rappeler.

Psychothérapie

Pour les neuropsychologues détenant une attestation de psychothérapie, rencontres en individuel ou en groupes afin d’apporter du soutien émotionnel à la personne et à ses proches

Groupe de soutien pour les personnes ayant la sclérose en plaques et leurs proches.


Tableau 2 Les divers types d’interventions possibles des neuropsychologues

Où travaillent les neuropsychologues ?

Les neuropsychologues travaillent auprès de personnes de tous âges (enfants, adultes et personnes âgées) dans une variété de milieux (hôpitaux, centre de réadaptation, cliniques privées, centre de recherche, etc.). Ils ou elles peuvent choisir de travailler en solo ou de joindre une équipe multidisciplinaire. Alors qu’un rendez-vous en neuropsychologie en centre hospitalier sans référence ni urgence peut nécessiter plus d’un an d’attente, un rendez-vous en clinique privée peut généralement être obtenu dans un délai de 1 à 4 mois. Cependant, il est important de noter que les frais d’évaluation en clinique privée ne sont pas couverts par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) et peuvent s’élever à environ 1000 $, parfois plus selon le mandat et la problématique. Toutefois, plusieurs assurances privées couvrent une partie des frais, le pourcentage remboursé variant selon la couverture choisie par la personne assurée.

Conclusion

En conclusion, nous pourrions décrire la neuropsychologie comme une discipline à la croisée des chemins entre la psychologie et les neurosciences, ayant pour objectif de mieux comprendre le cerveau humain et comment celui-ci influence les pensées, les émotions et les comportements. Au cours des dernières décennies, l’avancement rapide des connaissances sur le cerveau a fait en sorte que l’on diagnostique mieux et plus tôt certaines conditions. C’est notamment le cas de l’autisme, qui est maintenant vu comme un continuum et dont on reconnaît maintenant divers profils, dont le profil féminin qui a longtemps été sous-diagnostiqué. Ces avancées, combinées au vieillissement de la population et à l’augmentation e l’espérance de vie, entraîneront une augmentation du pourcentage des personnes ayant des troubles cognitifs, feront en sorte que la neuropsychologie prendra de plus en plus de place, et ce, autant en clinique qu’en recherche. Dans ce contexte, les neuropsychologues jouent un rôle important dans l’identification des troubles cognitifs, ainsi que dans l’accompagnement des personnes qui en sont atteintes, de leurs proches et de leurs intervenants et intervenantes. De plus, en collaborant avec d’autres professionnels et professionnelles de la santé, les neuropsychologues contribuent à une évaluation et une prise en charge globale et multidimensionnelle de la personne.

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