jeudi, 27 février 2020 16:04

Collaboration en recherche

Alors que la formation des étudiants et la recherche étaient autrefois très «  disciplinaires  » et cloisonnées, celles-ci s’ouvrent de plus en plus pour devenir interdisciplinaires et intersectorielles.

Les projets de recherche sont aujourd’hui le fruit de collaborations entre des chercheurs ayant des expertises scientifiques ou méthodologiques distinctes, mais complémentaires. Ces collaborations rendent possible de répondre à des questions plus complexes en combinant ces expertises et en intégrant différentes perspectives de recherche.

Facebook collaboration Descoteaux

La directrice du laboratoire collabore depuis quelques années avec un professeur-chercheur de l’Université de Sherbrooke, Maxime Descoteaux, un neuroinformaticien et l’un des plus grands experts de l’imagerie de la matière blanche. Nous avons d’ailleurs récemment publié un article scientifique, avec le professeur Descoteaux, sur le vieillissement de deux faisceaux de matière blanche importants pour le langage et la cognition : le faisceau arqué et le faisceau longitudinal moyen. Les résultats de cette étude montrent que le déclin de ces faisceaux avec l’âge est associé à un déclin de la perception de la parole dans le bruit. Nous travaillons avec le professeur Descoteaux et son équipe sur trois autres projets, tous en lien avec le vieillissement.

Dans le cadre de cette collaboration, nous avons eu le plaisir d’accueillir la semaine dernière un étudiant au doctorat, Guillaume, dirigé par le professeur Descoteaux. Nous avions en effet besoin de mettre à jour sur les ordinateurs du laboratoire les outils développés par l’équipe du professeur Descoteaux et de former plusieurs membres de l’équipe à leur utilisation. Guillaume nous a ainsi formés à l’utilisation de Tractoflow, un logiciel permettant le traitement d’images acquises par imagerie par résonance magnétique (IRM) de diffusion. L’imagerie de diffusion permet de repérer la matière blanche - le prolongement des neurones par laquelle les informations nerveuses se propagent et de mesurer ses caractéristiques.

Plutôt que d’analyser chaque image obtenue par IRM de diffusion manuellement, Tractoflow permet de gagner un temps considérable en traitant un ensemble d’images de façon semi-automatique. Il est maintenant possible de traiter plus de 50 000 images en 48 heures, grâce à la combinaison de ce logiciel et de l’accès à la plateforme de calcul partagée de Calcul Canada ! Le traitement des images permet de reconstituer une carte des faisceaux de matière blanche, les fils électriques du cerveau, en 3D comme sur ces images tiré de notre article scientifique publié en 2018 [Tremblay et al (2018), Figure 2].

Aritcle HBM 2018 Fig 2

À partir de ces reconstitutions en 3D, il est possible de cibler un faisceau particulier et d’étudier « l’usure » de sa structure microscopique au cours du vieillissement normal ou pathologique. Cette usure peut affecter la communication entre des réseaux neuronaux en transmettant un message partiel, ce qui peut avoir des répercussions sur le langage et la cognition, qui sont au centre des travaux du laboratoire.

La formation technique offerte par Guillaume nous permettra de poursuivre nos travaux sur la perception de la parole dans le bruit ainsi que sur la plasticité induite par la pratique d’activités musicales.

Dernière modification le jeudi, 27 février 2020 16:37
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À propos

Le laboratoire des neurosciences de la parole et de l’audition, dirigé par Pascale Tremblay, Ph.D., se spécialise dans la recherche en neurosciences cognitives du langage. Nos travaux, fondamentalement multidisciplinaires, portent principalement sur les bases neurobiologiques de la perception et la production du langage et de la voix, et sur les facteurs qui affectent notre habileté à communiquer en contexte social (âge, cognition, audition, etc.).