vendredi, 14 février 2020 15:26

Bouche bée et amoureux

Aaaah être amoureux! Si romantique, et pourtant si chimique! Il s’agit effectivement d’une condition biochimique intense dans laquelle des molécules chimiques, hormones et neurotransmetteurs, « bouillonnent » dans notre cerveau et notre corps.

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Alors que diverses molécules et circuits neuronaux sont liés à l’attachement et à l’attirance envers un être cher, l’état amoureux possède un autre ingrédient magique : le stress! [1]

Les personnes amoureuses auraient un niveau de cortisol, une hormone de stress, plus élevé que les personnes non amoureuses, du moins au début de leur relation. Loin d’être néfaste, ce stress déclencherait une quête de plaisir et de proximité – le stress modéré encourage en effet les interactions sociales. Le stress et l’anxiété seraient d’ailleurs liés aux mécanismes de récompense en créant un sentiment de bien-être en réponse à la création de liens et d’interactions sociales positives. De plus, ce stress nous plongerait dans un état d’alerte qui pourrait aider à vaincre notre peur de la nouveauté. C’est aussi ce stress qui serait responsable de certains signaux amoureux, une sensation plaisante, tels que les papillons dans notre ventre, en augmentant le péristaltisme – les mouvements - de notre tube digestif. [1]

Le stress est cependant à double tranchant! Qui ici n’est jamais resté figé, incapable de produire une phrase qui fait du sens devant la personne qui nous intéresse? Malgré la répétition multiple dans notre tête du discours parfait ou de la bonne blague à faire, une fois devant cette personne, notre capacité à parler nous fait faux bond! Cela s’expliquerait par l’effet inhibiteur du stress émotionnel sur les fonctions cognitives à travers l’axe hypothalamo-pituitaire-adrénalien, le même qui conduit à la production du cortisol. Différentes hormones du stress agissent sur les régions du cerveau liées à la mémoire et aux pensées complexes qui possèdent une forte densité en récepteurs de ces molécules. Elles affectent ainsi notre communication puisque parler, et qui est plus produire un discourt cohérent (!), repose notamment sur plusieurs fonctions cognitives telles que la flexibilité mentale, la planification et la mémoire phonologique. En bref, nous ne sommes plus capables de penser normalement et de faire appel aux mots qui restent alors « bloqués » dans notre tête.  [2]

Et nous voilà simplement bouche bée et prêts à prendre nos jambes à notre cou!

Bonne Saint-Valentin à tous et toutes !

Sources :

[1] Seshadri, K.G. (2016) The neuroendocrinology of stress. Indian journal of Endocrinology Metabolism. 20(4) :558-563.

[2] Epel, E.S. et al (2014) Speaking under pressure : Low linguistic complexity is linked to high physiological and emotional stress reactivity. 51(3) :257-266.

Dernière modification le vendredi, 14 février 2020 15:34
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À propos

Le laboratoire des neurosciences de la parole et de l’audition, dirigé par Pascale Tremblay, Ph.D., se spécialise dans la recherche en neurosciences cognitives du langage. Nos travaux, fondamentalement multidisciplinaires, portent principalement sur les bases neurobiologiques de la perception et la production du langage et de la voix, et sur les facteurs qui affectent notre habileté à communiquer en contexte social (âge, cognition, audition, etc.).