lundi, 16 septembre 2019 13:56

L’étude pilote : la base d’un projet de recherche

Qu’ont en commun un pilote de série télévisée et une étude pilote en recherche? Les deux sont nécessaires à l’élaboration d’un produit final de qualité, soit une série diffusée sur nos écrans ou un projet de recherche bien construit.

blogue photo labDurant 5 mois, Maxime et Valérie, deux étudiants à la maîtrise (Faculté de médecine de l'Université Laval) du laboratoire au Centre de recherche CERVO Brain research Centre, ont élaboré un test de perception de la parole dans le bruit grâce à une base de données du français québécois oral développée au laboratoire (1-2). Ce test a été validé auprès d’un petit nombre de participants (21) dans le cadre d’une étude pilote. Tout comme un pilote de série télévisée, une étude pilote permet de vérifier des concepts, ici un test, et d’optimiser le protocole de la rencontre, p. ex. les consignes aux participants, comme on améliore un texte d’acteur. Si un pilote de série télévisée sert aussi à convaincre un producteur de financer le projet, une étude pilote permet de valider une cohésion entre les résultats préliminaires et le cadre théorique de l’étude. Une fois la validation effectuée, il sera possible de poursuivre avec un plus grand nombre de participants.

Les résultats préliminaires des analyses faites à partir de 21 participants montrent que l’avancement en âge est associé à une moins bonne performance au test (voir figure 1). Plus le bruit est fort, plus cette relation est forte.

blogue graphique

Pourquoi cette difficulté apparaît-elle lorsqu’on vieillit? Les trois hypothèses principales sont :
1. Une perte auditive
2. Une diminution des capacités cognitives (par exemple, une diminution de l’attention, qui est essentielle pour filtrer le langage à travers le bruit)
3. Le vieillissement de régions du cerveau spécialisées dans le traitement du langage.
Les analyses montrent que ni l’acuité auditive (hypothèse 1) ni les capacités cognitives (hypothèse 2) ne répondent adéquatement à notre question. Les projets de Maxime et Valérie permettront de vérifier la troisième hypothèse. À suivre!

(1) http://syllabo.speechneurolab.ca
(2) https://www.speechneurolab.ca/…/Articles/Bedard_2016_BRM.pdf
Merci aux Fonds de recherche du Québec et au Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, CRSH pour le financement de cette étude.

Dernière modification le mardi, 01 octobre 2019 21:05
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À propos

Le laboratoire des neurosciences de la parole et de l’audition, dirigé par Pascale Tremblay, Ph.D., se spécialise dans la recherche en neurosciences cognitives du langage. Nos travaux, fondamentalement multidisciplinaires, portent principalement sur les bases neurobiologiques de la perception et la production du langage et de la voix, et sur les facteurs qui affectent notre habileté à communiquer en contexte social (âge, cognition, audition, etc.).