jeudi, 24 octobre 2019 15:29

Cycles universitaires et compétences

Notre labo et les autres labos du Centre de recherche CERVO et de l'Université Laval foisonnent d’étudiants de tous les cycles universitaires. Si les gens connaissent bien le baccalauréat, les différences entre une maîtrise professionnelle – ou sans mémoire, une maîtrise avec mémoire et le doctorat sont moins claires. Et ce n’est pas fini! Après le doctorat, l’étudiant devient un ‘’stagiaire’’ postdoctoral. Regardons cela!

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1er cycle universitaire – Baccalauréat (3-4 ans), certificat (1 an)

Ces programmes permettent d’acquérir des connaissances et des compétences techniques en préparation ou en complément de la pratique d’un métier. Les programmes d’études sont principalement constitués de cours en classe et de stages. Une fois ce diplôme en poche, l’étudiant peut décider de poursuivre ses études aux cycles supérieurs (2e et 3e) afin d’approfondir ses connaissances et compétences dans un domaine précis.

2e cycle universitaire – Maîtrise (généralement 2 ans), D.E.S.S. (1 an)

On distingue principalement deux types de maîtrise : professionnelle, et de recherche. La maîtrise professionnelle mène à un métier et comporte un grand nombre de cours et de stages, p.ex. la maîtrise professionnelle en orthophonie. Ce type de programme inclut généralement un travail final sous forme de rapport ou d’essai demandant à l’étudiant d’intégrer les connaissances acquises dans le cadre de son programme d’étude.

La maîtrise de recherche vise à former des personnes capables de mener avec rigueur les étapes d’une recherche et de participer au développement des connaissances scientifiques, technologiques ou artistiques. Ce type de diplôme ne mène pas à un métier spécifique et comporte en général beaucoup moins de cours que la maîtrise professionnelle. Les étudiants passent la majeure partie de leur temps à travailler sur leurs projets de recherche : lecture d’articles scientifiques, élaboration de protocoles, cueillette de données, analyses de données, communication des résultats, etc. La maîtrise en recherche se conclut par le dépôt d’un mémoire, un document assez substantiel qui met en contexte le projet de l’étudiant dans son domaine et détaille les travaux effectués. Au Québec, les mémoires de maîtrise sont évalués à écrit (contrairement au doctorat qui sont évalués à l’écrit et à l’oral). Les mémoires peuvent prendre la forme d’un manuscrit ou être constitués d’un ou plusieurs articles publiés. Dans notre domaine, le format le plus fréquent est celui du mémoire par article. L’étudiant rédige une introduction et une discussion, et insère entre ces deux sections le ou les articles qu’il a rédigés.

Le diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) est un autre type de programme de 2e cycle universitaire qui permet d’acquérir une formation particulière dans un domaine précis et de préparer l’étudiant à la vie professionnelle. Le DESS comporte essentiellement des cours et des stages et s’effectue généralement en une année.

3e cycle universitaire – Doctorat (4 ans) (souvent appelés « PhD »)

Au grade universitaire le plus élevé, l’étudiant au doctorat doit démontrer plus largement son autonomie et ses compétences en recherche. Son projet de recherche, plus vaste qu’un projet de maîtrise, doit apporter une contribution originale à la connaissance, à l'interprétation ou au développement scientifique, technologique ou artistique. Comme la maîtrise en recherche, le doctorat comporte généralement peu de cours. Les étudiants passent la majeure partie de leur temps à travailler sur leurs projets de recherche. Une grande partie de la dernière année de doctorat est consacrée à la rédaction d’une thèse de doctorat, un document qui expose les travaux effectués en détail, en plus de présenter la littérature scientifique en lien avec les objectifs de la thèse. La différence entre une thèse et un mémoire n’est pas seulement la longueur du document, mais également l’effort de réflexion et l’ampleur des travaux réalisés. Comme mentionné, la thèse doit aussi apporter une contribution originale à la connaissance, qui peut prendre la forme d’un développement conceptuel, théorique ou méthodologique. Ensuite? L’étudiant au doctorat doit soutenir sa thèse devant un jury d’experts dans son domaine afin de défendre la qualité et l’originalité de ses travaux, et démontrer ses compétences et connaissances dans son domaine précis d’étude et au-delà (culture scientifique générale).

Il ne faut pas confondre le Ph. D. avec les doctorats de premier cycle, comme ceux de médecine, d’optométrie ou de chiropractie. Ces derniers sont de très longs diplômes de premier cycle universitaire, et chacun comporte des particularités. Il existe aussi une minorité de doctorats professionnels : ils sont liés à une activité professionnelle ou créatrice précise et peuvent exiger la rédaction d’une dissertation. Les programmes de doctorat professionnel comportent en général plus de cours que les Ph. D. Ils mènent à l’attribution d’un grade précisant le champ d’études ou la discipline, par exemple : D. Éd. (éducation), D. Mus. (musique), ou D. Psy. (psychologie).

Stages postdoctoraux (1 à 4 ans)

Une fois le doctorat obtenu, les stages postdoctoraux permettent au diplômé de diversifier ou approfondir ses connaissances et compétences techniques en travaillant dans d’autres laboratoires que celui où il a fait son doctorat, souvent à l’international. Cela permet de brasser des idées, d’établir de nouvelles connexions professionnelles, d’acquérir de nouvelles connaissances et compétences, et, en quelque sorte, de commencer à s’établir comme expert d’un domaine précis. Aucun diplôme n’est décerné à la fin d’un stage postdoctoral. Les stagiaires postdoctoraux ont beaucoup plus d’indépendance et d’autonomie que les étudiants de 2e et 3e cycles, étant donné leur niveau d’expertise plus élevé. Dans beaucoup de domaines, le postdoctorat est la norme pour obtenir un poste de professeur dans une université.

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Dernière modification le jeudi, 24 octobre 2019 19:21

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À propos

Le laboratoire des neurosciences de la parole et de l’audition, dirigé par Pascale Tremblay, Ph.D., se spécialise dans la recherche en neurosciences cognitives du langage. Nos travaux, fondamentalement multidisciplinaires, portent principalement sur les bases neurobiologiques de la perception et la production du langage et de la voix, et sur les facteurs qui affectent notre habileté à communiquer en contexte social (âge, cognition, audition, etc.).