Projets en cours  

Neurobiologie du Vieillissement

vieillissement Selon l’Institut de la statistique du Québec, d’ici à 2051, la population de 65 ans et plus connaitra une croissance plus importante que celle de tous les autres groupes d’âge. L’augmentation de l’espérance de vie est sans conteste l’une des réussites les plus remarquables de la science moderne. Or, cette augmentation entraine de multiples répercussions sur la santé et la qualité de vie des ainés. On estime que jusqu’à 12 % des ainés vivent avec des troubles de la communication, lesquels diminuent leur qualité de vie. L’un des effets les plus fréquents du vieillissement est une difficulté à percevoir la parole en présence de bruit, par exemple lorsque plusieurs personnes parlent simultanément. Malheureusement, la source de ces troubles demeure à ce jour inconnue.

Nos recherches sur le vieillissement et les neurosciences cognitives du vieillissement, financées par le FRQS et le FRQSC visent à identifier les causes de ces troubles et à caractériser le vieillissement normal des habiletés de perception de la parole, de production de la parole et de production de la voix. Nous étudions notamment l’effet du vieillissement sur la qualité et la stabilité articulatoire, le débit de la parole, et les erreurs produites lors de la production de syllabes et de phrases. Nous nous intéressons à la relation entre le vieillissement moteur général et le vieillissement de la parole, à l’effet des changements qui surviennent au niveau respiratoire sur la capacité à produire la voix (phonation) et aux effets de ces changements sur l’intelligibilité de la parole et le fonctionnement dans la vie de tous les jours et la participation sociale. Nos travaux portent sur l’identification des mécanismes neurobiologiques sous-jacents aux difficultés de communication qui surviennent au cours du vieillissement, tel que le déclin du volume de matière grise et blanche dans les aires impliquées dans le contrôle de la parole, le déclin de l’épaisseur corticale de ces régions, et les changements au niveau du fonctionnement de ces aires enregistrés par l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle. L’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) peut en effet révéler des augmentations d’activité hémodynamique ciblées qui peuvent refléter des mécanismes de compensation permettant de maintenir les fonctions et comportements contrôlés par la région visée, de même que des augmentations reflétant des mécanismes de dé-différentiation reflétant un manque d’efficacité neuronale se traduisant par une diminution de la performance, et, finalement, l’IRMf peut également révéler un déclin de l’activité hémodynamique pouvant traduire un déclin de l’efficacité neuronale associé à un déclin de la performance. Nous nous intéressons également aux l’interactions entre le déclin structurel du cerveau et les changements fonctionnels identifiés à l’aide de L’IRMf  (compensation/dédifférenciation), et leurs impacts séparés et combinés sur la communication au cours du vieillissement

audiometryNos recherches sur le vieillissement du système auditif, effectués en collaboration avec le Dr. Matthieu Guitton, chercheur à l’Institut Universitaire en Santé Mentale et professeur en ORL, portent sur la caractérisation des changements auditifs liés au vieillissement à plusieurs niveaux, lesquels sont mesurés à l’aide de différentes mesures audiométriques (audiométrie tonale, audiométrie vocale, émissions-oto acoustiques, etc.) ainsi que sur le lien entre ces changements et les changements au niveau de la production de la voix (notamment par rapport à l’amplitude/intensité de la voix, et à sa fréquence/hauteur), de la production de la parole (notamment la qualité et la stabilité articulatoire) et de la perception de la parole. Au cours du vieillissement normal, la sensibilité auditive diminue (presbyacousie) ainsi que l’habilité à discriminer les sons de la parole. Des données récentes suggèrent que ces changements sont partiellement indépendants ; nos travaux visent ainsi à comprendre les facteurs neurologiques centraux qui affectent les habilités perceptuelles dans le vieillissement au-delà des troubles périphériques de l’audition. Pour en savoir plus, voir la publication 2 On sait en effet que pour fonctionner de manière optimale, le système qui sous-tend la production de la parole repose sur l’utilisation des signaux de rétroaction auditive, et que lorsque ceux-ci sont interrompus, comme lors de surdité acquise de l’adulte, la production de la parole se dégrade. Nous nous intéressons également aux corrélats neurologiques du vieillissement auditif, au niveau de système nerveux central. Nos travaux portent sur la caractérisation des changements structurels (déclin du volume de matière grise et blanche, de l’épaisseurs corticale) et fonctionnelles (changements affectant le signal BOLD capturé par l’IRM lors de tâches auditives) affectant les aires auditives primaires et secondaires en lien avec l’audition.